Déchets marseillais : Etat des lieux

Publié le par Collectiif R'pur

Un pas décisif vers la fermeture
de la décharge de Marseille.


Le Conseil Départemental de l'Environnement des Risques Sanitaires et Technologiques (CODERST), sous la présidence du secrétaire général de la Préfecture des Bouches-du-Rhône vient d'accepter ce jeudi la fermeture définitive de la décharge de Marseille, en Crau, au lieu dit «Entressen» à partir du 1er avril 2010, dans un peu plus de deux mois.

Si la qualité du traitement des déchets ménagers sur cette décharge s'est fortement améliorée au cours de ces dernières années, si la mise en place d'une installation de mise en balles des déchets a permis, pendant seulement les deux dernières années, pour des investissements de l'ordre de 9 millions d'euros, de supprimer les envols de cette décharge, comme ce fut le cas en novembre 2004 où l'on continua à décharger les trains d'ordures par un mistral supérieur à 110 km/h afin d'en inonder la Crau pour «diaboliser» la décharge, Préfet, Maire de Marseille et Président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, ont ainsi fini par tenir leurs engagements : «remplacer la décharge par l'incinérateur».

Pour ma part, je n'ai pas soutenu cette proposition lors de la séance du CODERST et je laisse ces personnalités prendre leurs propres responsabilités dans cette affaire car, dès la Commission Locale d'Information et de Surveillance de juin 2002, je notai que l'incinération ne permettrait pas de faire l'économie de la décharge, contrairement à leurs dires.

En effet, avec une production de déchets ménagers de 690.101 tonnes en 2008* pour l'ensemble de la communauté MPM, 500.439 tonnes* ont été déposées en décharge, dont 420.693 tonnes* sur le site de la Crau. Or l'incinérateur ne pourra brûler que 300.000 t/an et seulement 110.000 t/an seront méthanisées, quand l'installation sera au point. Si, en tenant compte des déchets déposés dans les autres décharges, dont le tonnage ne peut être augmenté, il ne faudrait trouver un site que pour environ 10.000 t/an, il faut néanmoins compter avec une progression annuelle de collecte de déchets qui voisine 10.000 tonnes. Et si l'on continue à mettre à l'incinérateur la partie combustible des déchets récupérés afin d'obtenir la température de combustion nécessaire, comme ce fut le cas le mois dernier, c'est autant de déchets supplémentaires que devra récupérer une décharge !

De plus, si les 15.000 t/an de cendres très toxiques sortant de l'incinérateur devront être envoyées à grand frais dans la décharge spécifique de Bellegarde (Gard) les 70.000 t/an de mâchefers toxiques devront être déposés dans une décharge autorisée si l'on ne veut pas polluer nos routes et leur environnement comme c'est le cas avec l'ancienne route de Metaleurop à l'Estaque qui dégage dans les jardins avoisinants plomb et arsenic. Sans compter les 40.000 tonnes/an de gravats qui servent de couverture journalière aux décharges et ne pourront plus être évacuées vers la décharge située à Entressen, il va donc falloir trouver un site pour accueillir annuellement environ 100.000 tonnes de déchets .

Où, à quels coûts pour les contribuables de la communauté urbaine? Voilà le défi que nos «responsables» vont avoir à résoudre rapidement.

Jean Reynaud

Docteur d'Université

Ecobordillologue

Conseiller Environnement à la CLCV union régionale PACA

Membre du CODERST 13 et de la CLIS de la décharge de Marseille.

Publié dans La CLCV

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article